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Visite de la ville d'Aubusson
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Le 4 juin 2024, un petit groupe de fidèles anciens s’est retrouvé à Aubusson pour un riche programme de visite de la partie ancienne de la ville, avant de se consacrer à la Cité internationale de la tapisserie. Le point de départ du parcours est au bord de la Creuse et de la Beauze, son affluent, dont les eaux acides étaient efficaces pour dégraisser la laine et fixer les teintures, mais dont les débordements, au fil des siècles, ont plusieurs fois emporté les métiers à tisser et tout le matériel nécessaire à cette très ancienne activité, dont le savoir-faire est aujourd’hui inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO. S’il est très probable que la tapisserie fut importée des Flandres au XIVèmesiècle, son apogée se situe aux XVIèmeème siècles, garantie par le titre de manufacture royale, que lui octroya Colbert. Cette activité fut à différentes reprises affectée par les aléas de l’Histoire, tels la révocation de l’édit de Nantes et l’exil de maîtres tapissiers protestants, ou la Révolution française et une chute des commandes, mais elle s’est toujours relancée, que ce soit avec la création de l’Ecole nationale d’art décoratif d’Aubusson en 1884 et son succès aux grandes expositions de 1925 puis de 1937 à Paris, ou avec le travail de peintres renommés à partir de 1939/1940, dont le plus connu est sans doute Jean Lurçat. |
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Avant de découvrir des oeuvres de toutes ces époques à la Cité de la tapisserie, nous avons suivi les traces de cet artisanat d’art dans l’architecture même de la ville et ses vieilles demeures. Suivant les vieilles rues, à flanc de coteau, nous longeons des maisons où travaillaient, en chambre, nombre de lissiers, d’où d’importantes fenêtres mansardées pour donner assez d’éclairage à leur tâche, et la pente nous entraine jusqu’au quartier de la Terrade, desservi par un pont, jadis en bois et reconstruit en 1641 avec des pierres du château fort détruit sur ordre de Louis XIII. Nous gagnons ainsi une belle demeure du XVIème siècle, dite la Maison du Tapissier, car elle appartint à une famille de lissiers; elle permet une initiation à la tapisserie d’Aubusson, autour d’un ancien métier de basse lisse, sur lequel travaille une lissière, qui nous explique tous ses gestes et répond à nos questions; outre divers vieux meubles et tapisseries, la maison rassemble des objets qui permettent de suivre les techniques de teintures et de comprendre l’extraordinaire nuancier des laines d’Aubusson. Ce parcours du centre ancien nous fait aussi découvrir de belles maisons classiques, remaniées au XIXèmesiècle, ou des curiosités comme la façade en rocaille. |
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L’après-midi est consacrée à la Cité internationale de la Tapisserie, où nous admirons des oeuvres anciennes mais aussi des créations modernes. Les thèmes traditionnels sont les verdures, les scènes de chasse, fréquentes au XVIèmesiècle, les scènes religieuses ou mythologiques, la vie des saints; jusqu’au XVIIIème siècle, elles sont authentifiées par leur lisière bleue pour Aubusson ou brune pour Felletin. Aujourd’hui encore figurent en général le nom de l’atelier, le nom et la signature de l’artiste, les dimensions et le numéro de tissage, (on réalise au maximum huit exemplaires), sur le bolduc, petite pièce de tissu cousue à l’envers. Au XVIIIème et encore au XIXèmesiècle, on s’efforce de reproduire en tapisserie les œuvres de peintres célèbres, ce qui, malgré les prouesses techniques, révèle un manque de création; tout le renouveau du XXèmesiècle se fait par la collaboration entre des artistes de renom (Lurçat, Saint-Saëns, Picart-le-Doux, Cocteau, Dom Robert...), qui conçoivent spécifiquement des cartons de tapisserie, et les maîtres lissiers. Nous avons ainsi vu les toutes dernières créations, transpositions de l’oeuvre de Tolkien ou de Miyazaki. |
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La tapisserie d’Aubusson vit plus que jamais des commandes d’Etats, de pouvoirs publics, pour des monuments, et pas seulement de particuliers: on la suit dans le monde entier.