RCHIVES

L’association voyage par

le train AGRIVAP

d'Ambert à la Chaise-Dieu

      Par une journée assez ensoleillée pour profiter de paysages exceptionnels, nous avons rejoint la gare d’Ambert, en covoiturage, pour faire l’une des excursions en train ancien, proposée par l’association AGRIVAP, qui, apràs les anciennes machines agricoles à vapeur, s’est aussi consacrée à la sauvegarde de matériel roulant ancien et de la ligne de chemin de fer deacute;saffectée entre Ambert et la Chaise-Dieu et au-delà.
      Cette ligne à voie unique, lentement construite par le PLM, fut exploitée par la SNCF, jusqu’à ce que les difficultés économiques fassent abandonner son usage mais l’exploitation en est concédée en 1987 à l’association AGRIVAP (fondée en 1979) pour un trafic touristique. C’est pourquoi nous prîmes place à bord d’un autorail diesel, dûment restauré et soigneusement entretenu, l’autorail Picasso, en gare d’Ambert, et notre conducteur dans sa cabine sur le toit. Il faut emprunter les ouvrages d’art (ponts, viaducs, tunnels) en granit ou en lave, pour atteindre notre terminus, la gare de Sembadel à 1089 m d’altitude: notre train franchit bravement des rampes à 3% .
       Ce passage à petite vitesse dans un cadre bucolique nous ferait oublier quel travail soigné, avec un outillage limité, permit ces constructions. Les trouées dans la végétation nous laissent découvrir les gorges de la Dore, des à pic impressionnants, mais aussi de vieilles chapelles comme celle de Mayres. Mais tant que la vallée est assez large, les villages prennent de l’ampleur et montrent encore les traces d’activité importante en dehors des petites exploitations agricoles; nous sommes au pays du bois et quand nous passons la gare de Saint-Alyre- d’Arlanc, nous voyons des installations ferroviaires d’ampleur, car en 1920 c’était la seconde gare de France pour le transport du bois: Ce sont bien des raisons économiques qui ont fait construire cette ligne dans des sites difficiles. Pour l’heure nous sommes plus attentifs aux beautés du paysage, guettant le moment où l’abbatiale de La Chaise-Dieu se profile sur le ciel. Car, avant de visiter ce site clunisien, nous allons au terminus du voyage, la gare de Sembadel, pour une halte gourmande et très conviviale.
      Le retour est marqué par un long arrêt, consacré à la visite de l’abbaye et ses trésors.
      Cette abbaye bénédictine, fondée par Robert de Turlande en 1043 et qui reçut la protection du Saint-Siège, se développa rapidement avec des donations importantes de grandes familles; sa croissance la plus importante débuta au XIVème siècle, quand Pierre Roger, moine de la Chaise-Dieu devint en Avignon le pape Clément VI. Nous lui devons l’allure actuelle du monument, puisqu’il fit démolir l’ancienne église romane et édifier la nouvelle abbatiale gothique, achevée en 1378, pour abriter son tombeau. Outre la nef, son jubé exceptionnel dans notre région, son cloître de style gothique languedocien (il n’en reste que deux galeries), nous avons admiré les principaux trésors de l’abbaye, aujourd’hui présentés hors de la nef, après restauration, mais dans des conditions matérielles (température, hygrométrie, éclairage) favorables à leur conservation. C’est le cas des douze tapisseries flamandes qui décoraient le chœur lors des grandes cérémonies, en déroulant sous les yeux des fid`les l’histoire du christianisme; c’est aussi la danse macabre, rare fresque de 1470.
      Les plus familiers de l’abbaye purent même consacrer quelques instants à l’exposition temporaire de l’été, des photos de Robert Doisneau, regard attendri sur l’école des années 1950 : les doigts pleins d’encre .

Transmises par C.Anglard
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Transmises par D et G Fourt
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Transmises par A et B Ramain
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